Entrée de cavité
Les grottes débouchent toujours sur une issue a caractère différent selon les circonstances : porche, exsurgence, perte, faille, aven, gouffre...
Porche
Entrée de porche entièrement comblé par les éboulements de gélifractions et dont l'accès était colmaté depuis plus de 30.000 ans.
L'eau, source de grottes !
L' eau est un élément capital dans le creusement des massifs de calcaire appelés "massifs karstiques".
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Vue sur le secteur de Bruniquel depuis le parking de la grotte des Mayrières

Lorsque nous parcourons les gorges de l’Aveyron, peu après le secteur de Montricoux, en prenant la route départementale 115 en direction de Saint Antonin, il nous semble que nous nous enfonçons dans un encaissement rocheux. Les falaises apparaissent bientôt de chaque côté de la route. Peu après la vision pittoresque des châteaux de Bruniquel sur leur pic, notre vision de la rivière de l’Aveyron est entrecoupée par le passage de tunnels. Le paysage rompt promptement avec la monotonie des plaines de Nègrepelisse et de Montauban. Nous sommes au cœur d’un système karstique, c’est-à-dire composé de roches calcaires.

Yann van den Berghe

Reportage photographique

Géologie

La naissance des grottes

Formation des cavités

La mémoire
de l'eau

Derrière ces falaises, ou plutôt à l’intérieur de celles-ci, parfois dans des endroits où l’on ne s’y attendrait pas, se cachent des grottes aux caractéristiques pouvant être exceptionnelles. Ces systèmes souterrains, toujours liés à l’activité aquifère dans ces massifs karstiques, atteignent parfois plusieurs kilomètres de long. Ils renferment des ressources insoupçonnées en eau. C’est ainsi par exemple que la source la plus importante des gorges, située proche de Saint Antonin Noble Val (Thouriès), fournit près de 14 millions de mètres cubes d’eau potable par an à sa population. Puisage qui ne prélève en moyenne que 4,8% des ressources totales ! Bien des merveilles nous attendent dans ces milieux souterrains, que la nature nous offre gratuitement et qui forcent le respect et l’attention. Les concrétionnements sont parfois spectaculaires. Il n’est pas rare de contempler des plafonds ornés de fistuleuses, draperies, stalagmites aux couleurs si douces et variées dus aux ocres colorées. Les lacs souterrains sont fréquemment brodés de bordures dentelées et parfois transparentes appelées gours. Certaines cavités ont servi à l’activité humaine a des âges très reculés.

L'oeuvre de l'eau dans les cavités naturelles

Comment naissent les grottes ?

Les puits sont creusés à la fois par l'écoulement de l'eau mais aussi par le soutirage du tréfonds évidé.

Facteurs de creusement des galeries

De nombreux facteurs conditionnent l’apparition et le développement des cavités souterraines naturelles appelées «  grottes  » ou « cavernes ». Voyons les facteurs propres aux grottes karstiques :

  • L’eau bien sûr, est toujours présente dans la série des facteurs déterminants. Ses actions, nous le verrons sont très variées ; elle est notamment liée au climat extérieur ou inhérent à la cavité en formation (températures, taux de CO2 dans l’air…)
  • dispositions topographiques ;
  • Climats passés et présents sur le lieu considéré ;
  • le temps durant lequel le cavernement a pu se réaliser ;
  • Divers facteurs biologiques ;
  • Le rôle de l’homme (industrie minière notamment, carrières, pollution mais aussi constructions, barrages, etc.) et celui de l’environnement géographique.
  • Nature des roches et degrés de leur fracturation ;

Il existe un certain nombre de roches à cavernes dont certaines peuvent renfermer des grottes. Seuls les argiles et le sable ne peuvent en renfermer du fait même de leur nature.

Les types de roches à cavernes ?

Il existe trois types de roches à cavernes : Les roches à cavernes accidentelles, les roches à cavernes possibles et les roches à cavernes classiques. Nous n’allons parler dans cet article que de ces dernières qui, seules, nous intéressent ici.

“Les gorges de l'Aveyron, entre Montricoux et Caylus, renferment plus de 500 cavités répertoriées par les spéléologues à ce jour.”

Nous procédons à des relevés hydrogéologiques de notre patrimoine

Caractéristiques du calcaire

Le calcaire est une roche dure qui se fracture, ne supportant pas les contraintes.

Les roches à cavernes classiques : Il s’agit de roches calcaires, surtout les plus compacts. En effet, ces roches sont très durables dans le temps en même temps qu’elles présentent une assez forte fissuration -stratification et diaclases, nous reviendrons sur ces termes- permettant aux eaux pluviales ou de condensation de pénétrer ces sols en profondeur et d’y exercer une action physique et chimique par érosion ou corrosion. Le calcaire est imperméable en petit et perméable en grand. C’est-à-dire qu’un bloc de calcaire non fissuré ne pourrait donner naissance à aucune cavité puisque aucune infiltration d’eau ne s’y produirait. Tout au plus l’eau parviendrait à y former des petites poches superficielles par action chimique.

La fissuration des massifs calcaires est d’origine multiple, l’eau n’étant pas le seul facteur d’érosion. La plupart des massifs qui sont la résultante des dépôts de sédiments marins (appelés calcaires lacustres) se présentent sous la forme d’une accumulation massive de bancs bien lités. Ils sont limités par des sortes de jointoiements discontinus de sédimentation appelés joints de stratification.

Il existe aussi des fissurations plus ou moins verticales et donc perpendiculaires aux joints de stratification. Parfois, celles-ci sont assez nettes pour constater qu’elles paraissent avoir été causés par une influence remarquée de mouvements de terrains : plissements, affaissements ou encore par des soulèvements intéressant l’ensemble d’une région. Le fait est que le calcaire n’est pas une roche plastique, elle se brise plutôt que de suivre un mouvement de torsion convexe ou concave comme le ferait une argile quelconque, une marne ou un schiste. Lorsque la fracture est simple, on l’appelle une diaclase. Lorsque la fracture semble avoir été elle-même séparée en deux parties décalées l’une par rapport à l’autre, formant comme un rejet entre les positions d’un même banc de part et d’autre, on l’appelle alors une faille.

Les joints, les diaclases et les failles forment un massif découpé en une sorte d’empilements de lego, de parallélépipèdes de type fréquemment rectangulaire. C’est ce phénomène de fracturation marquée qui permet donc l’infiltration des eaux et son action érosive ou corrosive, développant ainsi des réseaux de cavités d’importance variée, alors que la compacité même de la roche calcaire et sa cohérence permettent simultanément à cette érosion la conservation des vides souterrains et par conséquent la formation des grottes.

A suivre…

Vues souterraines de notre terroir

Ambiances